30 mai 2005

Une victoire populaire sans appel

Après plusieurs mois d'efforts, de luttes, et de combats politiques pour faire entendre sa voix, le 29 Mai 2005, le peuple français a rejeté ce traité constitutionnel Européen à près de 55%. Cette victoire historique contient plusieurs aspects :

Tout d'abord, la participation dépassant 70% signifie une véritable réappropriation par le peuple de la question Européenne. Cette victoire, presque écrasante du "non" sonne comme un sentiment démocratique très fort. Le sentiment que les français ( en attendant la décision des autres pays Européens ) refusent qu'on leur dicte leur avenir, et veulent prendre leur destin en main. Ils ont compris que l'Europe actuelle a une vraie incidence sur leur vie quotidienne, et qu'ils devaient s'intéresser à ce texte ( rédigé dans le but qu'ils ne puissent pas le lire ). 

Cette victoire est également une réponse à la propagande des médiats et au mépris de la classe politique. En effet, depuis le début de cette campagne, le partisan du "non" fut décrit comme un franchouillard grognon, alcoolique, inculte, anti-Européen, et tendance fasciste. Alors que les instituts de sondages, après les résultats, étaient obligés de reconnaître que le "non" vient avant tout de la gauche anti-libérale, et de "la France d'en bas", celle des salariés, des ouvriers, qui subissent tous les jours des délocalisations et toutes sortes de dérives libérales.

Cette victoire du "non" aura plusieurs incidences. D'abord sur le plan national, elle est déjà vécus par les principaux partis politiques comme un désaveux. Elle poussera donc à de profonds changements au sein du gouvernement et du parti Socialiste. Puis, sur le plan Européen, ce résultat sans appel de la France représentant le deuxième budget pour l'Europe, empêchera la mise en application de ce traité. D'autres pays seront par la suite tentés de voter "non", et les peuples Européens qui n'ont pas pu voter par référendum se retrouveront dans ce message.

Mais considérer cet évênement comme une sorte de "grand soir" et penser que l'Europe sociale va tout de suite arriver, serait une erreure. Nous avons déconstruit un projet de constitution qui aurait encré l'Europe dans un carcan libéral, l'heure est maintenant à la reconstruction. La renégociation d'un autre traité plus sociale, et la création d'une assemblée constituante, ne seront pas choses faciles. Le nécéssaire a été fait, mais le combat commence aujourd'hui.

Nous terminerons sur une citation de Louis Aragon "Songez qu'on arrête jamais de se battre, et qu'avoir vaincu n'est trois fois rien !"   

Posté par jaccuse à 15:11 - Permalien [#]